Le Centre Azrieli pour la musique, les arts et la culture (CAMAC) a fièrement présenté le Concert-gala des Prix Azrieli de musique (PAM) 2026 le 15 octobre 2026 à la Maison symphonique de Montréal. Le gala a célébré quatre compositeurs remarquables dont les œuvres explorent l’identité, la mémoire, l’expression culturelle et notre relation au monde qui nous entoure.
Créés en 2014 par Sharon Azrieli, C.Q., D.Mus., pour la Fondation Azrieli, les Prix Azrieli de musique, décernés tous les deux ans, comptent parmi les plus importantes récompenses de composition musicale au monde. Ils soutiennent la découverte, la création, l’interprétation et la célébration de l’excellence en composition musicale.
« Lorsque j’ai imaginé les Prix en 2013, je souhaitais créer un concours qui encouragerait les compositeurs à réfléchir profondément aux contributions fondamentales de la musique à la société », a déclaré Sharon Azrieli, présidente du CAMAC. « Ce qui a commencé avec deux prix consacrés à la musique juive est devenu un riche catalogue de dix-huit œuvres majeures réparties entre quatre prix, des œuvres qui trouvent aujourd’hui leur place dans les programmes de concert du monde entier. »
La soirée a réuni des artistes, des leaders culturels, des passionnés de musique du monde entier venus des quatre coins du monde, en personne comme en ligne, afin d’assister à quatre puissantes créations mondiales.
La soirée s’est ouverte avec de l’encra escafada (« de l’encre effacée »), du compositeur roumano-ukrainien Adrian Mocanu, lauréat de la Commande Azrieli pour la musique internationale.
« L’œuvre est fondée sur le texte d’une trobairitz médiévale nommée Beatriz de Dia », a expliqué Mocanu. « Je travaille à partir de son poème en le filtrant à travers un langage musical contemporain. »
L’œuvre réunissait un chœur, un orchestre et quatre violes de gambe dans une méditation envoûtante sur la mémoire, le langage et l’héritage culturel. Pour Mocanu, cette œuvre constituait également un acte de préservation.
« Pour moi, il s’agit de réfléchir à notre héritage culturel et de le maintenir vivant », a-t-il déclaré. « Je souhaite que le public entre en interaction avec cet héritage. »
La deuxième œuvre au programme était Letter From Across the River de la compositrice, pianiste et théréministe américaine Dalit Hadass Warshaw, lauréate de la Commande Azrieli pour la musique juive.
L’œuvre raconte l’histoire vraie de son arrière-grand-père qui a traversé à la nage la rivière Bug depuis la Pologne occupée par les nazis jusqu’à l’Ukraine soviétique afin d’envoyer une lettre d’adieu à ses fils, avant de retourner affronter son destin aux côtés de sa famille.
Au cœur de la composition se trouvait, selon elle, un conflit profondément humain. « C’était un choix entre la vie et la mort, entre le devoir et la liberté. » Pour Warshaw, cette commande lui a permis de concrétiser un projet qui lui tenait à cœur depuis de nombreuses années.
« C’était bien plus qu’un encouragement ou une reconnaissance », a-t-elle affirmé. « C’était presque une bénédiction. On reçoit une sorte d’onction venue d’en haut pour poursuivre le projet dont on rêve. »
Après l’entracte, le public est devenu participant dans Height of Land, une œuvre novatrice du compositeur et violoncelliste canadien Nicholas Denton Protsack, lauréat de la Commande Azrieli pour la musique canadienne.
Inspirée par les bassins versants et les paysages naturels du Canada, la composition a plongé les auditeurs dans un vaste environnement sonore où les membres du public se joignaient aux interprètes pour créer la musique.
Son travail repose sur la conviction que l’écoute elle-même peut être transformatrice.
« L’orchestre est un paysage », a déclaré Denton Protsack. « Le public n’est pas seulement auditeur, il devient également interprète. »
À la suite de la prestation, Sharon Azrieli a réfléchi à l’expérience unique partagée entre les artistes et le public.
« Cela a créé un magnifique esprit de collaboration entre les musiciens, le chœur et toutes les personnes présentes dans la salle », a-t-elle déclaré. « Ce fut un merveilleux rappel que la musique canadienne peut s’enraciner non seulement dans le paysage, mais aussi dans les liens entre les personnes, les lieux et le son. »
La soirée s’est conclue avec Riddle, l’œuvre qui a valu à la compositrice géorgiano-israélienne Hana Ajiashvili le Prix Azrieli pour la musique juive.
S’appuyant sur un texte énigmatique du poète et philosophe juif du XIIe siècle Yehuda Halevi, la pièce transforme des vers médiévaux en une réflexion puissante sur la persécution, la résilience et l’espoir. L’œuvre évolue de l’obscurité et de la tension vers une conclusion centrée sur un seul mot hébreu : adam (« humain »).
Les recherches d’Ajiashvili sur le contexte historique du poème l’ont amenée à explorer la persécution des communautés juives. Pourtant, malgré les thèmes sombres abordés tout au long de l’œuvre, elle a souhaité conclure sur une affirmation de l’humanité partagée.
« Ils prient pour l’espoir, pour quelque chose de lumineux, pour quelque chose de bon », a-t-elle expliqué en décrivant le rôle du chœur dans la section finale de la composition.
Ajiashvili a décrit les Prix Azrieli de musique comme un tournant dans sa carrière.
« C’est comme un nouveau chapitre de ma vie de musicienne et de compositrice », a-t-elle déclaré. « Cela ouvre de nouvelles portes et de nouvelles possibilités pour ma musique. J’espère que ma musique inspirera les gens à faire le bien, à espérer, à cultiver la paix et l’amour. »
Alors que la soirée touchait à sa fin, Sharon Azrieli est revenue sur l’importance de présenter quatre créations mondiales à Montréal.
« Notre première rencontre avec une nouvelle œuvre musicale est un cadeau rare », a-t-elle déclaré, « et c’est l’une des grandes joies de ces prix. »
Le gala a marqué non seulement l’aboutissement d’un processus créatif de deux ans, mais aussi le début de la vie de chacune de ces œuvres au-delà de la salle de concert. Après leurs créations mondiales à Montréal, les quatre compositions poursuivront leur parcours grâce à de futures interprétations et à des enregistrements, permettant à ces nouvelles voix musicales de rejoindre des publics partout dans le monde.
Visionnez le concert : https://azrielifoundation.org/amp/gala/

