Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste de la Fondation Azrieli porte les témoignages des survivants dans les salles de classe, façonnant ainsi la manière dont les étudiants apprennent l’histoire.
Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste de la Fondation Azrieli porte les témoignages des survivants dans les salles de classe, façonnant ainsi la manière dont les étudiants apprennent l’histoire.
Chaque automne depuis dix ans, un enseignant au secondaire des Cantons-de-l’Est, au Québec, commande 100 exemplaires de ces mémoires pour enseigner à ses élèves : W Hour, d’Arthur Ney. Cet ouvrage, publié dans le cadre du Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste de la Fondation Azrieli, raconte l’histoire poignante d’un jeune garçon juif qui se cache dans un orphelinat catholique pendant la Seconde Guerre mondiale. Et chaque année, cet enseignant reçoit ces livres gratuitement.
C’est une histoire que Marc-Olivier Cloutier, responsable des initiatives éducatives du programme, aime raconter aux enseignants qu’il forme à travers le pays.
Le programme des mémoires, qui a fêté ses 20 ans en 2025, s’inspire de l’histoire personnelle de David Azrieli, qui a survécu à l’Holocauste, et a été lancé par sa fille Naomi, présidente de la Fondation. Elle souhaitait offrir à d’autres survivants canadiens de l’Holocauste une tribune leur permettant de publier leurs témoignages.
« Nous avons reçu 50 propositions au départ », se souvient Jody Spiegel, directrice du programme. « Qu’il s’agisse de petites notes prises alors qu’ils se cachaient ou de mémoires complets rédigés après le décès de leur conjoint ou une fois leurs enfants devenus adultes, à mesure que les survivants prenaient de l’âge, ils se sont mis à penser : “Je devrais peut-être coucher tout cela sur le papier.” »
Depuis, le programme d’édition s’est développé et compte aujourd’hui plus de 130 mémoires, et la Fondation a distribué plus d’un million de livres à des écoles et à des enseignants partout au Canada. Bon nombre de ces mémoires sont publiés à la fois en français et en anglais, et tous ont fait l’objet d’une vérification minutieuse des faits, d’une révision professionnelle et d’une introduction rédigée par un historien qui place le récit dans son contexte historique.
Cloutier et son équipe ont également formé des dizaines de milliers d’enseignants à travers le pays à la manière d’aborder l’Holocauste avec leurs étudiants, à la fois en adaptant le contenu à leur âge et en adoptant une approche tenant compte des traumatismes. « On ne veut pas créer plus de traumatismes », explique-t-il. « Des situations auxquelles vous ne penseriez peut-être même pas, comme la pénurie alimentaire ou le fait de vivre dans la rue, pourraient être des facteurs déclencheurs pour un étudiant qui en a fait l’expérience. »
À mesure que les mémoires sont publiés, l’équipe élabore des ressources pédagogiques connexes, notamment des plans de leçons, des supports numériques destinés à l’apprentissage en ligne et des extraits plus courts, afin que les enseignants puissent les intégrer à leurs cours dans le cadre du programme d’études. Aucune autre organisation ne publie de mémoires sur l’Holocauste ou de ressources pédagogiques d’une telle qualité et d’une telle ampleur, ce qui rend ce programme indispensable à la compréhension de l’Holocauste par la prochaine génération.
« Notre rôle est de veiller à ce que les témoignages de nos survivants, qui ont eu le courage d’écrire leur histoire, continuent de faire partie de la conversation », affirme Spiegel. « L’objectif est de permettre aux enseignants d’aborder en toute confiance l’enseignement de l’Holocauste en classe et de créer ce lien humain grâce aux mots de nos auteurs. »
Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste de la Fondation Azrieli porte les témoignages des survivants dans les salles de classe, façonnant ainsi la manière dont les étudiants apprennent l’histoire.
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