Lorsque la professeure Efrat Shadmi réfléchit à l’avenir des soins de santé, elle repense à la période où elle a accompagné son père, aujourd’hui décédé, après qu’il eut reçu un diagnostic d’une forme rare de cancer alors qu’elle n’avait que 23 ans. Les soins médicaux qu’il a reçus étaient excellents, se souvient-elle, mais personne n’était chargé d’assurer la coordination entre les différentes composantes de son parcours de soins ni d’aider la famille à comprendre ce qui se passait. Cette expérience lui a révélé une conviction qui guide son travail depuis lors : les soins de santé ont besoin du « pouvoir des soins infirmiers ».
Cette conviction est au cœur du Centre avancé de soins infirmiers Azrieli (ADVANCE) de l’Université de Haïfa, un centre d’excellence soutenu par la Fondation Azrieli qui renforce les effectifs infirmiers en Israël grâce à la formation, à la recherche, à la simulation et à l’innovation. Le soutien à l’innovation en santé et l’avancement des connaissances scientifiques figurent parmi les priorités de la Fondation. Dans un système de santé confronté à une complexité croissante, à des pressions sur la main-d’œuvre et au vieillissement de la population, ADVANCE incarne ces priorités en investissant dans la formation, la recherche et le leadership infirmiers afin d’améliorer les soins.
Dirigé par la professeure Shadmi, directrice d’ADVANCE et du Département de sciences infirmières Cheryl Spencer, ainsi que par la professeure Anna Zisberg, directrice de l’Unité de recherche d’ADVANCE, le centre regroupe trois volets complémentaires : ADVANCE-RUN, axé sur la recherche; ADVANCE-LIVS, consacré à l’enseignement fondé sur la simulation; et ADVANCE-TECH, dédié à la technologie et à l’innovation en santé. Ensemble, ils permettent de transformer les connaissances en pratique et de préparer les professionnels infirmiers à répondre aux besoins les plus urgents du secteur de la santé. La recherche est la pierre angulaire de toutes les initiatives d’ADVANCE. Elle guide l’ensemble du cycle d’innovation, de l’identification des besoins et de la conception de nouveaux modèles jusqu’à leur mise en œuvre et leur évaluation, ainsi qu’à la diffusion de données probantes qui éclairent les pratiques et les politiques de santé à l’échelle mondiale.
Le parcours de la professeure Zisberg vers les soins infirmiers a été différent. Après son immigration de la Russie vers Israël, elle s’est tournée vers cette profession pour des raisons pratiques avant de découvrir une vocation qui allait devenir l’œuvre de sa vie. Comme infirmière en milieu hospitalier, elle a constaté que des personnes âgées admises pour des problèmes de santé traitables quittaient parfois l’hôpital moins mobiles, moins autonomes ou présentant un état cognitif moins bon qu’à leur arrivée. Cette observation est devenue le point de départ d’un programme de recherche de plusieurs décennies qui a transformé les pratiques à l’échelle nationale : les hôpitaux partout en Israël évaluent désormais la mobilité et les capacités fonctionnelles des patients non seulement à l’admission, mais aussi au moment du congé.

