À la Fondation Azrieli, nous faisons souvent référence au concept juif de tikkun olam, ou « réparer le monde », ainsi qu’aux valeurs juives de gentillesse, de compassion et de responsabilité sociale, comme principes directeurs de notre travail.
L’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie sont également des valeurs juives. Voilà pourquoi l’éducation imprègne tout ce que nous faisons et pourquoi la grande majorité des dons de notre Fondation est axée sur l’éducation.
Les racines éducatives de la Fondation remontent à 1989, lorsque notre fondateur, David Azrieli, a décidé que son œuvre de vie ne serait pas complète sans redonner de façon significative et durable. Il a créé la Fondation Azrieli pour soutenir des causes qui lui tenaient profondément à cœur, soit l’éducation, Israël et le peuple juif. Sa philosophie était simple, mais puissante : en investissant dans les personnes, les connaissances et la culture, l’on peut entraîner des répercussions positives qui durent des générations.
L’un des premiers programmes que David souhaitait créer après avoir mis sur pied la Fondation était ancré dans sa propre expérience. Étudiant brillant — quoique parfois dissipé — en Pologne avant la Seconde Guerre mondiale, il avait été motivé par un professeur à l’école secondaire qui avait misé sur ses forces et lui avait donné le pouvoir de viser le succès. David n’a jamais oublié cet enseignant et, plus tard, alors qu’il se remettait des horreurs de l’Holocauste, il a été inspiré à lancer un camp d’été pour réfugiés, puis à devenir lui-même enseignant. Il parlait souvent de l’enseignement comme l’un de ses rôles les plus gratifiants.
L’éducation a continué d’être un thème central et une valeur fondamentale pour David. Il était particulièrement frappé par l’importance des années du premier cycle du secondaire, moment où l’on peut « rattraper » ceux et celles qui ont besoin d’aide avant qu’ils ne décrochent. Au début des années 2000, alors qu’il s’inquiétait de plus en plus du défi généralisé de la persévérance scolaire au Canada et en Israël, il était convaincu que l’on ne posait pas la bonne question. Plutôt que de tenter de soutenir les élèves du secondaire ayant déjà décroché, David voulait demander : « Comment éviter qu’ils décrochent dès le départ? » Ne serait-il pas plus efficace, pensait-il, d’offrir un accompagnement global pour aider ces jeunes à rester à l’école — et à s’y épanouir? Comme aucun programme de ce type n’existait en Israël, la Fondation Azrieli l’a créé.
Au cours des 20 dernières années, le Programme d’autonomisation Azrieli, qui avait commencé dans une école avec 50 élèves, est maintenant offert dans 45 écoles intermédiaires et secondaires à travers Israël. Administré aujourd’hui au nom de la Fondation par le réseau Darca, ce programme a soutenu des milliers de jeunes vulnérables, leur ouvrant des portes auxquelles ils n’auraient pas eu accès autrement.
Au début des années 2000, la Fondation a commencé à financer des programmes universitaires en architecture et en design — inspirés par la carrière de David en tant qu’architecte, bâtisseur et promoteur immobilier. Soutenir les jeunes esprits, encourager les idées audacieuses et construire des espaces pour l’apprentissage et la créativité sont devenus des pierres angulaires de notre travail.
En 2005, Naomi, la fille de David, a pris la direction de la Fondation en tant que présidente et chef de la direction, devenant la force stratégique derrière de nombreux nouveaux programmes, initiatives et collaborations dans les axes prioritaires de la Fondation, dont l’éducation, la recherche, la santé et les arts.
« Après le décès de mon père en 2014, l’envergure et les activités de la Fondation ont augmenté de façon spectaculaire. C’est également à ce moment que nos dons cumulatifs ont dépassé les 100 millions de dollars », raconte Naomi avec fierté.
« Le rythme de croissance de la Fondation n’a cessé d’augmenter et, à la fin de 2024, nos décaissements caritatifs cumulatifs depuis notre création ont dépassé un milliard de dollars. Je suis honorée, touchée et ravie d’avoir franchi un tel jalon. »
Naomi a été imprégnée des valeurs familiales d’éducation et de générosité dès son jeune âge, mais elle ne s’était pas destinée à diriger la Fondation. Initialement, elle a suivi deux parcours professionnels : la recherche universitaire (maîtrises à l’Université Columbia, doctorat à l’Université d’Oxford) et la gestion des affaires, la finance et l’immobilier. Lorsque l’occasion s’est présentée d’aider David à bâtir la Fondation, elle avait déjà fait ses preuves dans la conciliation de méthodes pratiques axées sur la gestion avec une approche réfléchie et fondée sur la recherche pour résoudre les problèmes.
Une fois arrivée à la Fondation, Naomi a trouvé ce travail extrêmement valorisant et essentiel — particulièrement dans le développement de programmes et la planification stratégique à long terme — et elle n’a jamais regardé en arrière. « Travailler à mettre en place les premiers programmes et structures de la Fondation, anticiper sa croissance et réfléchir réellement à l’impact que nous pourrions avoir, cela était différent de tout ce que j’avais fait auparavant. C’était stimulant, inspirant et profondément significatif — et ça l’est encore aujourd’hui. »
En 2005, la Fondation a lancé deux initiatives phares : le Programme des boursiers Azrieli et le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste. Le Programme des boursiers a débuté modestement, soutenant des étudiants diplômés de divers domaines dans toutes les universités israéliennes. Il soutient aujourd’hui près de 150 étudiants et chercheurs postdoctoraux par année, provenant du monde entier, qui viennent effectuer leurs recherches en Israël.
Dès le départ, le Programme des boursiers ne se limitait pas au soutien financier offert par la Fondation; il visait à former des leaders, à tisser une communauté de recherche interdisciplinaire et à donner aux esprits brillants la liberté d’explorer. Aujourd’hui, le Programme s’est élargi, offrant l’une des bourses internationales les plus prestigieuses, avec plus de 400 anciens boursiers dans le monde.
Au cours des 20 dernières années, le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste s’est imposé comme une voix majeure dans l’enseignement de l’Holocauste et le témoignage direct. Le Programme a distribué un million de livres gratuitement à des élèves et classes à travers le Canada, et a formé des milliers d’enseignants canadiens à transmettre l’histoire de l’Holocauste.
Au fil des deux dernières décennies, la Fondation a élargi son action dans le domaine des arts, soutenant de nombreuses organisations et lançant des initiatives musicales novatrices, dont les Prix Azrieli de musique — maintenant reconnus mondialement pour leur soutien aux compositeurs et interprètes, et pour la diffusion d’œuvres originales auprès de nouveaux publics. Le Centre Azrieli pour la musique, les arts et la culture (CAMAC) a été créé pour mettre en valeur les artistes, garantir à un plus grand nombre de personnes l’accès à des expériences artistiques exceptionnelles et offrir des possibilités éducatives en musique aux enfants et aux adultes qui, autrement, n’y auraient pas accès. Le CAMAC a récemment publié un nouveau plan stratégique comprenant une stratégie nationale d’éducation artistique pour les jeunes, visant à aider les enfants et adolescents à réaliser leur plein potentiel grâce à un engagement intensif dans l’apprentissage basé sur la musique et les arts.
Par ailleurs, la Fondation a considérablement élargi son portefeuille en sciences et en recherche, notamment en neurosciences avec un accent sur le neurodéveloppement, en plus de soutenir les soins de santé et les aidants, et de rendre possible une variété d’initiatives communautaires d’envergure. Qu’il s’agisse du Programme de médecine du cerveau Azrieli à l’Université de Toronto, de l’Accélérateur Azrieli à l’Université de Calgary, du Centre neurodéveloppemental pour adultes Azrieli au CAMH, du soutien de la Fondation au programme « Futurs leaders » de Brain Canada ou des Boursiers mondiaux CIFAR Azrieli, ainsi que de nos nombreux partenariats et rôles de leadership éclairé dans ce domaine, la Fondation est aujourd’hui le troisième plus grand bailleur de fonds en neurosciences au Canada après le gouvernement fédéral, soutenant tout le spectre de la recherche, des laboratoires aux essais cliniques — « des neurones aux réseaux aux quartiers ».
Lorsque la Fondation Azrieli a vu le jour, elle s’était donné comme objectif d’offrir des occasions novatrices permettant de nourrir le potentiel et de renforcer les communautés, principalement par l’éducation — et c’est exactement ce qu’elle a accompli. Trente-six ans plus tard, nous sommes devenus l’une des plus importantes fondations philanthropiques au Canada, distribuant plus de 150 millions de dollars en 2024 et 2025 pour financer des programmes innovants au Canada et en Israël.
Tout en célébrant ces magnifiques initiatives, la Fondation demeure profondément centrée sur les gens, qu’il s’agisse de chercheurs qui réalisent des percées, d’artistes qui nous émeuvent et nous inspirent, d’étudiants qui rêvent d’un avenir meilleur, de survivants qui confient leurs histoires à la Fondation ou du personnel qui perpétue cet héritage avec enthousiasme, créativité et dévouement.
« Pour moi, un des aspects les plus significatifs de la philanthropie est de pouvoir me tenir aux côtés de ceux et celles dans le besoin et dire : “Je te vois”. Ce sont des mots puissants — et valorisants — qui peuvent élever les plus vulnérables de notre société, y compris les personnes ayant un handicap neurodéveloppemental, ainsi que ceux et celles qui en prennent soin, et inspirer les chercheurs dont le travail pourrait un jour améliorer leurs vies », affirme Naomi.
« Je crois que la philanthropie est la force puissante qui transforme la compassion en changement significatif. C’est plus que l’acte de donner des ressources financières : c’est un catalyseur essentiel pour façonner l’avenir et créer un monde meilleur pour tous. »


