Lorsque de jeunes chercheurs ont la liberté de poursuivre une idée audacieuse, les effets peuvent se faire sentir bien au‑delà du laboratoire. Cet esprit est au cœur du soutien de la Fondation Azrieli au programme des CIFAR Azrieli Global Scholars, une plateforme de lancement pour les scientifiques en début de carrière prêts à repousser les limites et à réimaginer ce qui est possible dans leurs domaines.
À titre d’exemple, prenez Chris Krupenye, ancien boursier CIFAR Azrieli Global Scholar, dont les travaux nous aident à comprendre quelque chose d’à la fois ancien et profondément humain : l’imagination. C’est une capacité que nous tenons souvent pour acquise, mais de récentes découvertes suggèrent qu’elle n’est pas propre aux humains.
Une fenêtre sur l’imagination des bonobos
Les recherches de Chris Krupenye portent sur la façon dont les animaux pensent et sur l’évolution de la cognition. Professeur adjoint à l’Université Johns‑Hopkins et directeur du groupe Social and Cognitive Origins, il étudie les mécanismes qui permettent aux humains et à d’autres espèces de naviguer la vie sociale, qu’il s’agisse de prédire le comportement d’autrui ou de décoder des signaux subtils dans des dynamiques de groupe en constante évolution.
La nouvelle étude de Chris publiée dans Science porte sur Kanzi, un bonobo qui a participé avec les chercheurs à un jeu ressemblant à une « fête du thé ». Les scientifiques ont fait semblant de verser du jus imaginaire dans deux tasses, puis d’en « vider » une. Lorsqu’on lui a demandé où se trouvait le jus, Kanzi a choisi, à un taux supérieur au hasard, la tasse qui contenait encore le liquide imaginaire. Des tests de suivi ont montré qu’il pouvait distinguer le vrai jus du jus imaginaire, et il a aussi réussi à suivre des raisins imaginaires dans une configuration similaire. Ensemble, les résultats suggèrent qu’un grand singe peut suivre un scénario fictif partagé et garder à l’esprit des objets imaginaires, indiquant que l’imagination pourrait remonter beaucoup plus loin dans notre évolution que ce que l’on croyait.
Chris Krupenye et le coauteur de son étude décrivent ces expériences comme une preuve que l’esprit des grands singes peut aller au‑delà de l’instant présent. L’équipe rapporte que Kanzi pouvait suivre des objets imaginaires tout en les distinguant de la réalité, ce qui constitue une caractéristique clé de l’imagination dans le développement humain précoce.
Pourquoi le soutien en début de carrière est important
Une découverte comme celle‑ci n’arrive pas par hasard. Elle exige du temps, de l’espace, de la collaboration et la confiance nécessaire pour prendre des risques intellectuels — des conditions auxquelles souvent, les chercheurs en début de carrière ont difficilement accès. C’est précisément pour cela que le programme CIFAR Azrieli Global Scholars a été créé.
Le programme soutient les scientifiques émergents durant les premières années cruciales où ils mènent des recherches indépendantes. Les boursiers s’intègrent à une communauté internationale de recherche, collaborent avec des experts du monde entier et reçoivent un soutien financier et en leadership qui les encourage à poursuivre des idées audacieuses à haut risque et à fort potentiel.
Pour des chercheurs comme Chris, ce soutien a eu l’effet d’un catalyseur. Être accueilli dans un réseau mondial et interdisciplinaire signifie accéder à de nouvelles perspectives, de nouvelles collaborations et de nouvelles occasions, ce qui accélère des découvertes qui auraient autrement pu prendre des années à émerger.
Un engagement de longue date envers la science de prochaine génération
La collaboration de la Fondation Azrieli avec le CIFAR représente un soutien de longue haleine envers la nouvelle génération de leaders scientifiques. Elle repose sur la conviction suivante : lorsque les chercheurs en début de carrière sont encouragés à explorer des questions audacieuses, ils peuvent créer des champs d’études entièrement nouveaux et faire progresser l’humanité.
Les travaux de Chris Krupenye en sont un parfait exemple. Les expériences de la « fête du thé » ne se contentent pas de surprendre ; elles enrichissent notre compréhension de l’esprit animal, remettent en question les idées reçues sur ce qui rend les humains uniques et ouvrent la porte à de nouvelles réflexions sur l’évolution du jeu symbolique, de la communication et de l’intelligence sociale.
Des histoires comme celle de Chris nous rappellent pourquoi le soutien en début de carrière est si important. Lorsque des chercheurs prometteurs sont encouragés à tester des idées audacieuses et à partager leurs travaux entre disciplines, les percées ont une meilleure chance de suivre. Elles nous rappellent aussi que l’investissement dans les personnes au début de leur carrière peut ouvrir de toutes nouvelles voies scientifiques qui profitent à l’ensemble de la société.
La Fondation Azrieli est fière de contribuer à de telles découvertes et de continuer à soutenir des chercheurs qui réimaginent l’avenir.
Chris Krupenye l’a exprimé mieux que quiconque lorsqu’il nous a confié que « ce travail a été financé en grande partie par ma subvention Global Scholars, et je ne sais vraiment pas si j’aurais pris le risque de poursuivre ce projet sans l’appui financier du programme CIFAR‑Azrieli. Je suis extrêmement reconnaissant envers le CIFAR et la Fondation Azrieli pour avoir rendu possible cette découverte! »


