L’éducation est au cœur de la mission de la Fondation Azrieli. Pour Yuri Keum, c’est la boussole qui a orienté tout son parcours. De sa fascination précoce pour l’immigration à ses recherches novatrices sur la citoyenneté des enfants, le parcours de Mme Keum montre comment l’apprentissage peut ouvrir des portes vers la découverte et l’impact. Nous lui avons posé quelques questions sur ce qui inspire son travail, sur la manière dont le Centre Azrieli d’études israéliennes à l’Université Ben-Gourion — connu sous son acronyme hébreu MALI (Merkaz Azrieli Le-limudei Israel) — a façonné son cheminement, ainsi que sur ce qui se trouve à l’horizon pour elle.
Qu’est-ce qui a d’abord éveillé votre intérêt pour les études sur la citoyenneté et les migrations?
De manière générale, j’ai toujours été intéressée par l’histoire de l’immigration et les récits d’immigrants. Cet intérêt m’a menée à étudier l’histoire à l’Université York, à Toronto, une ville reconnue pour son caractère multiculturel. À York, j’ai été particulièrement attirée par les cours offerts par le Centre Isrel et Golda Koschitzky d’études juives (un bénéficiaire de la Fondation Azrieli), tels que The Jewish Experience: Symbiosis and Rejection et Modern History of the Jews. Ces cours m’ont fait découvrir les vastes traditions migratoires et les luttes historiques des communautés juives, ce qui m’a profondément fascinée. Mes années de premier cycle au Centre Koschitzky ont grandement nourri ma passion pour les questions de citoyenneté et de migration et m’ont finalement menée à poursuivre des études supérieures en Israël.
Comment votre passage au MALI a-t-il influencé votre recherche et votre parcours professionnel?
Conformément à la mission et au mandat de la Fondation Azrieli, le MALI offrait un environnement unique où l’éducation était considérée comme une force transformatrice. Faire partie de cette communauté m’a permis — et encouragée — à grandir en tant que chercheuse émergente.
Pour mon doctorat, j’ai comparé les régimes de citoyenneté et de migration de l’Allemagne, de la Corée du Sud et d’Israël. Plus précisément, j’ai examiné comment ces trois États attribuent les droits de résidence aux enfants « sans statut juridique » et j’ai proposé une compréhension approfondie de la citoyenneté des enfants.
J’ai complété mon doctorat grâce au généreux soutien du MALI, ainsi qu’à l’encadrement de professeurs de haut calibre de l’Institut de recherche Ben-Gourion pour l’étude d’Israël et du sionisme, sur le campus de Sde Boker de l’Université Ben-Gourion.
Vos travaux portent sur la citoyenneté des enfants. Pourquoi ce sujet est-il si important aujourd’hui?
En plus de combler une lacune de recherche (la citoyenneté des enfants demeure largement sous-étudiée), mon objectif est de mettre en lumière la situation précaire des enfants « sans statut ». Les enfants qui grandissent sans statut juridique font face à plusieurs obstacles, notamment en matière d’éducation, de soins de santé et de sentiment d’appartenance. Ces obstacles les empêchent de développer un sens de l’avenir sécurisant, ce qui leur est pourtant essentiel pour réaliser leur potentiel et contribuer à la société.
Comprendre ces dynamiques, liées aux lois et aux politiques de citoyenneté, constitue la première étape pour imaginer de nouvelles façons d’améliorer la protection et l’application des droits des enfants. C’est impératif pour toute société qui aspire à prospérer.
Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans votre parcours de recherche?
L’expérience la plus marquante a été l’attaque du 7 octobre et la situation d’urgence en Israël. Ce fut une période indescriptiblement douloureuse pour tous. Parallèlement, j’ai été témoin d’un niveau extraordinaire de bénévolat et de résilience communautaire.
J’ai notamment eu le privilège d’assister à l’initiative du MALI visant à lancer des programmes éducatifs pour les communautés touchées. Ce travail a débuté auprès d’une seule communauté (à Erez) et s’est depuis étendu à neuf communautés, qui affrontent le traumatisme et bien plus encore. Mon expérience au sein de cette initiative continue d’influencer ma réflexion sur le rôle des citoyens actifs en période d’épreuve.
Un autre aspect remarquable a été le vaste réseau universitaire que le MALI a bâti avec des institutions à l’étranger, notamment dans des pays où le champ des études israéliennes n’est pas encore établi, comme en Inde et en Corée du Sud. Des échanges stimulants et des programmes ont été réalisés au cours des deux dernières années, incluant la conception d’un cours et d’un séminaire adaptés aux universités de ces pays.
Cette évolution m’a donné beaucoup d’espoir face aux défis auxquels le milieu universitaire israélien est confronté, dans un contexte de débats intenses sur l’État d’Israël. Non seulement le domaine des études israéliennes prospère-t-il, mais il continue de croître. En fin de compte, ce sont le savoir et la solidarité qui nous renforcent et nous rappellent qui nous sommes réellement.
Si vous aviez un conseil à donner aux futurs boursiers du MALI, quel serait-il?
Restez curieux et adoptez une approche interdisciplinaire. Mon propre parcours a englobé l’histoire, la sociologie, les études migratoires et les études israéliennes. Chaque perspective a enrichi mes recherches et m’a aidée à poser un regard plus holistique sur des questions complexes. Profitez de la bourse pour explorer votre sujet au-delà de votre champ immédiat et pour élargir vos horizons.
Quelles sont les prochaines étapes pour vous? Y a-t-il des projets ou objectifs qui vous enthousiasment?
Je suis enthousiaste à propos de deux projets. D’abord, je souhaite approfondir notre compréhension de la citoyenneté des enfants en poursuivant mes recherches sur les régimes de citoyenneté et leur impact sur les enfants sans statut juridique. Je prévois la publication de mon premier livre sur le sujet dans un avenir relativement proche, qui proposera une analyse comparative étoffée de la question.
Ensuite, je recueille des données et des témoignages de personnes non juives qui ont été victimes de l’attaque du 7 octobre, y compris des otages libérés. Ce travail vise à comprendre leurs expériences et à évaluer comment ces récits pourraient remodeler les politiques israéliennes en matière de citoyenneté et de migration. Ces deux projets sont ancrés dans des contextes historiques, mais cherchent ultimement à alimenter les discussions contemporaines sur les lois, la politique, les droits et l’appartenance.
À propos de Yuri Keum
Yuri Keum est boursière postdoctorale au Centre Azrieli d’études israéliennes (MALI) de l’Institut de recherche Ben-Gourion pour l’étude d’Israël et du sionisme, à l’Université Ben-Gourion du Néguev. Ancrées dans les études comparatives de la citoyenneté, ses recherches portent sur l’intersection entre les pratiques d’exclusion en matière de citoyenneté et les discours inclusifs sur les droits des enfants. Originaire de Corée du Sud, elle se consacre à faire entendre les voix marginalisées dans les débats mondiaux sur la citoyenneté.
In French, we don’t overuse the long dash.
I modified this sentence a bit to reflect the idea more clearly. Her book will not be published thanks to the comparative analysis, but it will include this analysis. Let me know if I am wrong.

