En parfaite harmonie

Lorsque l’éducation musicale bénéficie d’un soutien adéquat, les étudiants s’épanouissent.

Thanina Hamiche joue du violoncelle lors d’une répétition dans le cadre du programme El Sistema OSM. Photo : Antoine Saito

La première fois que Thanina Hamiche, âgée de 11 ans, a tenu un violoncelle entre ses mains, elle était extrêmement nerveuse. Aux yeux de cette étudiante montréalaise, le fait de jouer d’un instrument était réservé aux enfants doués, un talent qu’elle ne pensait pas posséder.

« J’avais peur de faire des erreurs, peur de ne pas être à la hauteur », écrit-elle dans une lettre de remerciement adressée à la Fondation Azrieli. « Mais dès que j’ai joué mes premières notes, quelque chose d’incroyable s’est produit : j’ai eu l’impression que le monde autour de moi devenait soudainement plus vaste et plus lumineux. »

Hamiche fait partie des milliers de jeunes au Canada qui bénéficient de l’engagement de la Fondation à favoriser l’épanouissement des enfants par la musique. Le programme de l’Orchestre symphonique de Montréal et d’autres initiatives similaires s’inspirent d’El Sistema, un programme d’éducation musicale sociale fondé en 1975 par le maestro José Antonio Abreu à l’intention des enfants vénézuéliens défavorisés. Abreu était convaincu qu’en offrant aux élèves un accès gratuit à un enseignement de la musique classique en groupe, il était possible de créer les conditions permettant aux jeunes de renforcer leur confiance en eux, leur discipline, leur estime de soi et leur espoir en un avenir meilleur.

Les organisations inspirées du programme Sistema sont désormais présentes dans plus de 40 pays d’Asie, d’Europe et des Amériques, mais leurs principes fondamentaux restent les mêmes. Les cours de musique et les instruments sont gratuits pour les enfants issus de communautés défavorisées; le programme est intensif et les élèves y consacrent plusieurs heures après l’école, quatre ou cinq jours par semaine. Il s’agit d’un programme progressif, ce qui signifie que les élèves peuvent y participer tout au long de leur scolarité primaire et parfois jusqu’au secondaire (et le font généralement).

Le pouvoir de la musique

Des dizaines d’années de recherche ont démontré l’effet positif durable de l’éducation musicale sur le bien-être social, scolaire et émotionnel des élèves. Une étude réalisée en 2018 a révélé que les élèves du primaire qui suivaient une à deux heures de cours de musique par semaine pendant les heures de classe présentaient une amélioration de leurs fonctions exécutives, telles que la planification et la maîtrise de l’impulsivité.

Lorsque Jason van Eyk, directeur général du Centre Azrieli pour la Musique, les Arts et la Culture, a rejoint la Fondation en 2016, il s’intéressait déjà à El Sistema.

Il en suivait les retombées depuis 2008, année où Abreu avait reçu le prestigieux prix Glenn Gould et avait fait venir son Orchestre symphonique Simón Bolívar pour se produire lors du gala de remise du prix à Toronto.

Selon van Eyk, le soutien apporté aux programmes canadiens inspirés du modèle Sistema s’inscrivait tout naturellement dans la démarche de la Fondation, s’alignant parfaitement sur sa mission visant à donner aux jeunes les moyens de s’épanouir grâce à une éducation de grande qualité.

« Ils ne se contentent pas d’apprendre aux enfants à jouer de la musique, ils les aident à acquérir des compétences fondamentales qui leur permettront de réussir tout au long de leur vie », explique-t-il. « Grâce à la musique, les élèves apprennent la persévérance, l’engagement, la collaboration, ainsi que la manière de gérer la frustration et l’échec. Au fil du temps, ils développent également une considération et un sentiment de responsabilité envers leur groupe, envers eux-mêmes et envers leurs instruments. »

Les 18 programmes inspirés du modèle Sistema répartis à travers le Canada sont aussi variés que les communautés qu’ils desservent, mais ils ont tous le même objectif : offrir aux enfants issus de communautés défavorisées un lieu où grandir, se sentir à leur place et explorer leur potentiel grâce à la musique. Selon van Eyk, l’effet est extraordinaire. « Dans la quasi-totalité des programmes d’éducation musicale soutenus par la Fondation Azrieli, 100 % des élèves obtiennent leur diplôme d’études secondaires et 100 % d’entre eux poursuivent ensuite des études postsecondaires. »

De la théorie à la pratique

La conviction que la musique peut transformer des vies est le moteur de Sistema Nouveau-Brunswick. Inspiré des principes du modèle vénézuélien d’origine, il s’agit de l’un des plus grands programmes musicaux destinés aux jeunes du pays, avec 11 lieux répartis dans toute la province qui accueillent chaque jour plus de 1 400 élèves.

« Dès le début, nous nous sommes engagés en faveur de l’inclusion, que nous avons définie comme le fait d’accompagner les enfants qui sont laissés pour compte », explique Ken MacLeod, fondateur et conseiller stratégique. « Les familles à faible revenu, les familles monoparentales, les familles de nouveaux arrivants, les communautés autochtones. Voilà ce qui nous guide, c’est notre pilier fondamental. »

S’il reconnaît que tous les enfants participant au programme ne deviendront pas forcément des musiciens professionnels, la concentration, la discipline et l’esprit d’équipe qu’ils acquièrent constituent des compétences fondamentales, quelle que soit la voie professionnelle qu’ils choisiront.

Le succès de ce programme n’aurait pas été possible sans le soutien de la Fondation Azrieli. MacLeod souligne que le « oui » de la Fondation a·agi comme point de bascule pour obtenir du financement supplémentaire de la part de donateurs privés, grâce à son rayonnement dans le monde de la philanthropie.

« Elle a été un partenaire incroyable », déclare MacLeod. « La Fondation joue un rôle essentiel dans notre croissance globale, notre développement et notre capacité à concrétiser notre vision et nos objectifs. »

Un profond sentiment d’appartenance

À Ottawa, OrKidstra relate une histoire similaire, mais avec une identité qui lui est propre. La cofondatrice et directrice artistique Tina Fedeski ne souhaitait pas reproduire exactement le modèle El Sistema; elle a plutôt choisi de s’en inspirer pour créer quelque chose de nouveau. Le résultat est une organisation florissante qui offre aux enfants issus de quartiers défavorisés toute une gamme d’expériences musicales variées, notamment un ensemble à cordes, un groupe d’instruments à vent, une éducation musicale dès la petite enfance avec des instruments comme la flûte à bec, et bien plus encore.

« C’est l’essence même du programme Sistema qui m’a interpellée, car il était axé sur l’accessibilité, la passion, l’engagement et le sentiment d’appartenance », explique Fedeski, ajoutant que ces éléments sont essentiels à une vie pleine de sens.

Les diplômés du programme, qui ont tous poursuivi des études postsecondaires avec un sentiment d’amour et d’appartenance plus fort, en sont la preuve vivante.

« OrKidstra a changé la vie de mes enfants. Ce programme a transformé des enfants timides en artistes sûrs d’eux. Et comme c’est gratuit, des familles comme la mienne peuvent accéder à des possibilités qui leur seraient autrement inaccessibles », explique Kelly Lee Evans, mère d’un ancien élève d’OrKidstra et ambassadrice du programme.

C’est ainsi, bien plus que par les compétences musicales, que Fedeski définit la réussite. « Notre objectif n’est pas de former des virtuoses, mais plutôt de contribuer à former des êtres humains exceptionnels. Et parfois, nous faisons les deux. »

À Montréal, Thanina Hamiche et ses amis constatent à chaque répétition les retombées de la générosité de la Fondation. Non seulement grâce à la musique qu’ils apprennent ou aux violoncelles sur lesquels ils jouent, mais aussi parce que ces programmes leur apprennent à exploiter pleinement leur potentiel.

« Aujourd’hui, grâce à l’orchestre… nous avons tous le sentiment de faire partie d’une grande équipe, où chaque pas en avant est célébré », écrit-elle. « Si je peux désormais rêver plus grand, c’est grâce à vous. »

Jeremiah, Sophie et Tuntise (de gauche à droite) participent aux cours de groupe hebdomadaires de violoncelle organisés par OrKidstra.

Un cadeau qui change une vie

Les bourses Azrieli aident de jeunes étudiants à se construire un nouvel avenir.

Imaginez que vous rêviez d’une carrière tout en ayant du mal à payer votre loyer ou à surmonter un traumatisme subi pendant l’enfance. C’est la réalité de nombreux jeunes qui atteignent l’âge limite pour bénéficier du système de protection de l’enfance au Canada. À 18 ans, ces jeunes perdent l’accès aux familles d’accueil et aux travailleuses sociales, ce qui les laisse face à un avenir incertain, avec notamment des obstacles à la poursuite de leurs études et à leur insertion professionnelle.

Afin d’aider les jeunes qui quittent le système de protection de l’enfance à devenir autonomes, la Fondation Azrieli soutient la Fondation pour l’aide à l’enfance du Canada en lui permettant d’octroyer des bourses d’études dans le cadre de son programme d’enseignement postsecondaire (EPS).

Depuis 2018, la Fondation a versé un million de dollars au programme d’EPS.

Rien que pour l’année universitaire 2024-2025, un don de 150 000 $ a permis d’octroyer 10 bourses d’études. Ce programme s’adresse aux étudiants à temps plein et à temps partiel et leur donne accès à des ressources qui favorisent leur réussite.

« Ce financement me rappelle que je ne suis pas seule », déclare l’une des bénéficiaires du programme d’EPS. « Ce genre de soutien est vraiment important, car il me montre que les gens voient du potentiel en moi, et cela m’ouvre de nombreuses possibilités. J’espère un jour faire des études en droit et travailler au Parlement. Je rêve d’aider à créer des systèmes justes, inclusifs et bienveillants, en donnant la parole à ceux qui sont souvent ignorés. » — Jaclyn Law

Lorsque l’éducation musicale bénéficie d’un soutien adéquat, les étudiants s’épanouissent.

Sign up to receive emails about the remarkable people and programs we support.

Subscribe to our newsletter

Top