David J. Azrieli z”l

9 juillet 2014

Communiqué de presse

Bâtisseur visionnaire, homme d’affaires et philanthrope

C’est avec une profonde tristesse que nous faisons part du décès de David J. Azrieli, C.M., C.Q., M. Arch., bâtisseur visionnaire, promoteur et homme d’affaires, chef de file communautaire, philanthrope et sioniste convaincu, survenu aujourd’hui en présence de sa famille, à sa maison de campagne d’Ivry-sur-le-Lac au Québec. Il était âgé de 92 ans.

Né à Maków-Mazowiecki en Pologne en 1922, David Azrieli était le deuxième des quatre enfants de Sara-Chaya (née Gerwer) et de Rafael Hirsch Azrylewicz. En septembre 1939, il échappe à l’occupation de sa ville natale en fuyant à l’Est, dans la partie de la Pologne occupée par les Soviétiques. Lorsque l’Allemagne envahit à son tour l’Union soviétique en juin 1941, il poursuit sa retraite plus à l’Est encore, parvenant toujours à garder une longueur d’avance sur les nazis. Le périple de David Azrieli en Union soviétique le mène à Gomel, Stalingrad, Oulianovsk, Tachkent et Boukhara. C’est dans cette dernière ville qu’il rejoint à l’automne 1942 « l’armée d’Anders », régiment polonais avec lequel il part en Iran, puis à Bagdad. C’est là qu’il rencontre deux jeunes représentants de la Haganah, Moshe Dayan et Enzo Sereni, et est recruté pour défendre la cause sioniste. Il rallie la Palestine alors sous mandat britannique à la fin de l’année 1942. David Azrieli étudie l’architecture au Technion, l’Institut israélien de technologie, de 1943 à 1946, année au cours de laquelle David Azrieli apprend que, de toute sa famille, seul un de ses frères a survécu à l’Holocauste. Il rejoint ensuite les rangs de la 7e brigade pendant la guerre d’indépendance d’Israël en 1948, participant à la campagne de Latroun durant le siège de Jérusalem.

En 1954, David Azrieli s’installe à Montréal, et obtient un baccalauréat ès arts de l’Université de Montréal (Institut Tomas More). En 1957, il entame une carrière dans l’immobilier et le design qu’il débute avec la réalisation de quatre duplex à Montréal. Aujourd’hui, l’ampleur de son remarquable succès est illustrée par ses tours de bureaux, ses hôtels et ses centres commerciaux novateurs au Canada, aux États-Unis et en Israël.

David Azrieli fonde Canpro Investments Ltd à Montréal au début des années 1960, en se concentrant d’abord sur le développement de grands immeubles résidentiels puis, en 1967, sur la construction de l’Hôtel des Artistes, un édifice de 250 chambres qui accueille les musiciens et autres artistes venus se produire à l’Exposition universelle de 1967. Suite au succès de ce projet, il se lance dans des entreprises à plus grande échelle et conçoit son premier centre commercial en 1969. Adoptant ce qu’un critique a qualifié d’approche architecturale « souple », qui concilie ingéniosité et esthétique, il édifie dans les années 1970 des centres commerciaux au sud de l’Ontario et construit à Gatineau Les Promenades de l’Outaouais, le centre d’achat le plus important de la région de la capitale nationale. Chaque projet commercial de David Azrieli est le résultat d’une authentique passion, ce qu’il explique en ces termes : « J’ai toujours accordé toute mon attention à l’édifice que j’étais en train de concevoir. C’est peut-être la raison pour laquelle ma démarche a été plutôt mesurée et que j’ai préféré ne pas mener de front trop de projets à la fois. » Aujourd’hui, Canpro gère un portefeuille de propriétés qui compte entre autre l’immeuble Dominion Square et l’hôtel Sofitel au centre-ville de Montréal.

Au début des années 1980, David Azrieli décide d’exporter en Israël son savoir-faire dans les secteurs de l’immobilier et du design. En 1985, il ouvre le premier centre commercial couvert d’Israël à Ramat Gan – le Canion Ayalon – et déclenche une révolution de l’industrie de la finance et du commerce de détail dans le pays. Il  réalise ensuite des centres commerciaux à Beer Sheva en 1990 et à Jérusalem en 1993. Mais c’est en 1998 qu’il change à jamais l’horizon de Tel-Aviv en inaugurant le Centre Azrieli, point de mire de la ville et plus  grand complexe commercial à usage mixte du Moyen-Orient. En 2010, David Azrieli réalise l’un des plus importants premiers appels publics à l’épargne de l’histoire du pays auprès de la bourse de Tel-Aviv. Le Groupe Azrieli possède et gère désormais 13 centres commerciaux, ce qui en fait l’acteur immobilier de complexes commerciaux le plus important d’Israël.

L’extraordinaire réussite professionnelle de David Azrieli au Canada comme en Israël témoigne de sa profonde affection et de son engagement indéfectible envers ses deux pays. « J’ai deux patries, a-t-il déclaré, deux endroits auxquels je suis attaché et où j’ai eu le bonheur de pouvoir faire ce que j’aime le plus. Mes premiers engagements professionnels ont eu lieu au Canada et m’ont permis par la suite de réaliser mon rêve : apporter une contribution à mon autre patrie, l’État d’Israël. Chez moi, les deux nations ont toujours été intimement liées. » David Azrieli a occupé le poste de président national de la Fédération sioniste du Canada dans les années 1980 et est resté toute sa vie engagé activement au sein de la communauté juive et auprès de bon nombre d’organisations en lien avec le système éducatif israélien.

David Azrieli a soutenu sans relâche le domaine de l’éducation, y compris l’éducation permanente, car il croyait profondément en sa valeur. Cette conviction apparaît non seulement dans ses projets philanthropiques, mais aussi dans son parcours personnel. Il a en effet obtenu en 1997 une maîtrise en architecture de l’Université Carleton à Ottawa à l’âge de 75 ans.

David Azrieli était un philanthrope engagé et visionnaire. Il a d’ailleurs déclaré : « Je crois que les personnes qui réussissent se doivent de redonner à la communauté. Il ne s’agit pas seulement de contribuer financièrement mais également d’offrir son temps et de s’engager personnellement. Vous devez agir avec votre cœur et en voulant sincèrement apporter un  changement. » Personnellement et par le biais de la Fondation Azrieli (Canada-Israël), il a généreusement soutenu nombre d’initiatives, plus particulièrement dans les domaines de l’éducation, des arts, de l’architecture et du design, de l’enseignement de l’Holocauste, des troubles du neurodéveloppement, et de la recherche scientifique et médicale.

De toutes ses initiatives philanthropiques, il était particulièrement fier de l’Institut Azrieli pour l’autonomisation en éducation, programme visant à aider les jeunes israéliens en difficulté scolaire courant le risque de décrocher. Le programme intervient en comblant leurs lacunes éducatives,  développant leurs compétences sociales et en fournissant aux parents des outils pour améliorer les relations familiales. Il était également très attaché au programme des Bourses Azrieli qui offre de généreuses bourses d’études supérieures et postdoctorales pour étudier dans les universités israéliennes. La Fondation Azrieli publie aussi la Collection des mémoires des survivants de l’Holocauste, une série primée de témoignages rédigés par des survivants de l’Holocauste qui ont immigré au Canada après la guerre. Ce programme a pour origine le propre vécu de David Azrieli. La plus récente initiative de la Fondation est un généreux programme de dons qui soutient la recherche de pointe sur les troubles du neurodéveloppement. L’héritage philanthropique de David Azrieli par le biais de la Fondation Azrieli se poursuivra à perpétuité. Aujourd’hui, c’est l’une des plus importantes fondations au Canada et en Israël, distribuant des millions de dollars en dons chaque année.

David Azrieli a contribué son soutien à un grand nombre d’institutions d’enseignement dont l’Université Yeshiva, l’Université Concordia, l’Université de Tel-Aviv, le Technion–L’Institut israélien de technologie, l’Université Carleton, le Collège Shenkar en génie et design d’Israël et l’Institut scientifique Weizmann. En 2007, il a déclaré à ce propos : « J’ai eu la chance de pouvoir tirer parti de ce que j’avais appris, gagné et accumulé afin de mettre tout cela au service d’autrui. Telle est ma vision : pouvoir consacrer les fruits de ma carrière de promoteur et de bâtisseur au service de l’enseignement dans les établissement d’éducation de mes deux patries. » David Azrieli a également agi comme mécène auprès de maints organismes culturels et communautaires, dont Yad Vashem, la Fondation de Jérusalem, le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée d’Israël, le Musée de Tel-Aviv et la Fondation Miriam de Montréal.

Parmi les nombreux prix et honneurs reçus par David pour récompenser et saluer ses réussites professionnelles et ses actions au service de la communauté, on compte l’Ordre du Canada, l’Ordre national du Québec et la distinction d’Administrateur honoraire (Ne’eman) de la ville de Jérusalem. Il a également reçu des doctorats honorifiques de l’Université Concordia, de l’Université Yeshiva, de l’Université Carleton, de l’Université de Tel-Aviv, du Technion – L’Institut de technologie israélien, et de l’Institut Weizmann pour les sciences.

Lecteur assidu de journaux, féru de musique classique et de chansons israéliennes, amateur de longues marches par de froides journées d’hiver, David a collectionné toute sa vie des œuvres d’art et des objets de culte juifs. Son importante collection de peintures israéliennes a été exposée aux musées de Tel-Aviv et de Haifa.

David fut l’époux bien-aimé de Stéphanie Lefcort pendant 57 ans, et le père, beau-père et grand-père dévoué de Rafi Azrieli, Sharon Azrieli Perez, Avi Perez, Matthew et Solomon Azrieli, Naomi Azrieli, François Blanc, Joseph, Gabriel et Madeleine, Danna Azrieli, Danny Hakim, Galia et Ella. Il nous manquera énormément, à nous qui l’aimions profondément.

David était guidé par cette conviction absolue : « La vraie liberté consiste à vivre ses passions. Si vous devez passer le reste de votre existence occupé à des choses que vous n’aimez pas, vous n’êtes pas mieux loti qu’un esclave. Voici donc mon message: vivez vos passions. »

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